Brève Histoire de la Paroisse
La Co-cathédrale Notre Dame de Bourg-en-Bresse, Un édifice au cœur de la ville
Située en plein centre-ville de Bourg-en-Bresse, la co-cathédrale Notre-Dame est un élément essentiel du patrimoine de la ville, visité par de nombreux touristes de passage. Édifice majeur pour la ville, elle se distingue par ses dimensions impressionnantes : la hauteur de son clocher atteint 70 mètres, visible depuis toute la périphérie urbaine, et sa longueur intérieure s’étend sur 64 mètres.
Des origines légendaires (XIIe-XIIIe siècle)
La chapelle Notre-Dame fut construite vers le XIIe siècle, dans un terrain marécageux, en dehors de la ville primitive, et ses origines seraient miraculeuses, selon une belle légende locale. Son origine remonte au XIIIe siècle : selon la tradition, elle aurait été fondée à l’endroit où une image de la Vierge fut trouvée par un berger, et devint au cours du Moyen Âge un lieu de pèlerinage. Une chapelle Notre-Dame de Bourg est mentionnée pour la première fois dans les archives historiques en 1258.
De la chapelle à l’église paroissiale (XVe-XVIIe siècle)
Grâce à l’attachement des habitants de Bourg, l’édifice s’est agrandi au fil des siècles pour devenir, au début du XVIe siècle, l’église paroissiale de la ville. L’église fut à l’origine composée de deux parties distinctes : une abside construite à l’extrême fin du XVe siècle par le curé de la paroisse — en l’occurrence le prieur de Brou — et une nef bâtie par les habitants eux-mêmes au cours du XVIe siècle, achevée seulement à la fin du XVIIe siècle. La construction de cet édifice actuel, débutée à la fin du Moyen Âge, ne s’achèvera ainsi que 190 ans plus tard. Ce chef-d’œuvre de l’art gothique a d’ailleurs inspiré l’église voisine de Brou, tout en bénéficiant en retour de son rayonnement.
Un tournant décisif survient en 1506 : par une bulle du 16 juillet 1506, le pape autorise le transfert de tous les offices paroissiaux de Saint-Pierre de Brou à l’église Notre-Dame, à la demande de Marguerite d’Autriche, qui souhaitait avoir les mains libres pour édifier le monastère et l’église de Brou. Cette date est capitale pour l’histoire religieuse de Bourg, l’ancienne chapelle Notre-Dame devenant officiellement la principale église paroissiale de la ville.
Un éphémère titre de cathédrale (XVIe siècle)
C’est bien pour devenir cathédrale que l’église Notre-Dame fut érigée au début du XVIe siècle, mais les aléas de l’Histoire, notamment les conflits opposant François Ier à Charles Quint, en décidèrent autrement. Notre-Dame perdit définitivement son titre de cathédrale en 1534. Elle devient alors, au début du XVIe siècle, l’église paroissiale et même la cathédrale d’un éphémère diocèse.
Les épreuves de la Révolution et la reconstruction du clocher
Le clocher fut décapité pendant la Terreur, puis reconstruit en béton armé par l’architecte départemental Tony Ferret entre 1909 et 1911. À cette occasion, le beffroi fut doté de quatre cadrans d’horloge et d’un ensemble campanaire de 23 cloches : 17 cloches de la maison Paccard d’Annecy vinrent compléter les 6 cloches déjà présentes, pour la plupart reliées à un carillon automatique encore en fonctionnement aujourd’hui.
Reconnaissance patrimoniale et statut de co-cathédrale (XXe siècle)
L’édifice est classé monument historique dès 1914. En 1992, l’ancienne collégiale Notre-Dame-du-Bourg fut élevée au rang de co-cathédrale du diocèse de Belley-Ars, l’évêque et l’administration diocésaine de Belley étant revenus s’installer à Bourg-en-Bresse depuis 1978, après plus de quatre siècles passés de l’autre côté du département. Le terme de « co-cathédrale » désigne ainsi Notre-Dame comme siège secondaire de l’évêché de Belley-Ars. La dénomination exacte et officielle complète de l’édifice est aujourd’hui « collégiale co-cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation ».
Un patrimoine vivant et une paroisse toujours active aujourd’hui
La co-cathédrale, où la Vierge Noire est vénérée depuis des siècles par les habitants de Bourg, demeure aujourd’hui la paroisse catholique du centre-ville de Bourg-en-Bresse.
Un vaste chantier de restauration a été engagé ces dernières années pour sauvegarder ce patrimoine exceptionnel, notamment mené sur les couvertures, charpentes et vitraux de l’édifice — la co-cathédrale ayant été retenue parmi les 100 sites sélectionnés pour bénéficier du Loto du patrimoine.